Les assurances professionnelles sont souvent perçues comme une charge évitable par les dirigeants de TPE, jusqu'au jour où un sinistre révèle leur absence. Distinguer ce qui est obligatoire de ce qui est fortement recommandé permet d'arbitrer avec discernement.
Ce qui est obligatoire selon votre activité
La responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est légalement obligatoire pour certaines professions réglementées (professions du bâtiment, de la santé, du droit, du chiffre, notamment), et fortement recommandée pour toutes les autres : elle couvre les dommages causés à un tiers (client, partenaire) dans le cadre de votre activité. L'assurance décennale est, elle, obligatoire pour toute activité de construction ou de rénovation touchant au gros œuvre. Pour un local commercial ou un bureau, une assurance multirisque professionnelle n'est pas toujours légalement imposée mais est quasi systématiquement exigée par le bailleur dans le cadre d'un bail commercial.
Ce qui protège le dirigeant lui-même
Le statut social du dirigeant détermine sa couverture en cas d'arrêt de travail ou d'invalidité : un gérant assimilé travailleur non salarié bénéficie d'une couverture de base souvent plus faible qu'un salarié classique, ce qui justifie fréquemment la souscription d'une prévoyance complémentaire individuelle. De la même façon, la protection du patrimoine personnel du dirigeant dépend directement du choix de la forme juridique (voir le dossier Juridique & Statuts) : une assurance ne remplace pas ce choix structurel, elle le complète.
Le bon réflexe consiste à revoir sa couverture assurantielle à chaque évolution significative de l'activité — nouveau local, nouvelle prestation, premiers salariés — plutôt que de la considérer comme figée depuis la création de l'entreprise.